Pourquoi ?

Pourquoi changer notre façon de nous vêtir ? 

Avez-vous déjà pensé que chacun de vos vêtement est passé dans les mains d’un ouvrier quelque part dans le monde, qui l’a cousu, vérifié, repassé, plié avant qu’il ne soit envoyé par bateau et camion vers votre penderie ?

Il y a un an, un peu par hasard, nous avons changé notre façon de consommer. Parce que pour la mode , pour que nous accomplissions le geste tout simple de nous habiller chaque matin, des Femmes et des Hommes, qu’ils vivent en Roumanie, au Bangladesh ou en Chine, ne devraient pas souffrir .

Cela nous à semblé somme toute très logique.

Si les États et les ONG jouent un rôle majeur afin que les cadres législatifs national et international empêchent des aberrations telles que les journées de travail en 72h, les usines aux sorties de secours barricadées ou le paiement des travailleurs en dessous d’un salaire leur permettant de vivre correctement, nous seuls, les consommateurs, pouvons encourager les initiatives des marques, petites et grandes, vers une mode plus responsable.

Il suffit pour cela d’acheter moins et d’acheter mieux.

Avons-nous vraiment besoin de renouveler notre garde-robe toutes les semaines ?

Selon les marques de fast-fashion*, oui. Avec un rythme de 52 collections par an, soit une par semaine, les vêtements low-cost sont non seulement de mauvaise qualité, mais ils sont également produits dans des conditions déplorables. En produisant autant, aussi vite, pour un prix aussi bas, la pression sur la chaîne de production est insoutenable.

Ceux qui paient le plus gros tribu sont les sous-traitants aka les petits pauvres de l’industrie textile aka les sweats-shops. Ils doivent produire toujours plus, toujours moins cher.

Et pourquoi ?

Pour qu’en entrant dans un H&M ou un Zara nous ayons l’impression d’avoir une nouvelle envie, un nouveau besoin, à satisfaire immédiatement puisqu’il n’aura que peu d’impact sur notre budget.

Casser cette chaîne infernale, qui apparemment semble répondre à notre demande, c’est commencer par se demander quels sont nos besoins réels, tout bêtement.

Ai-je vraiment besoin d’un nouveau t-shirt à message ? De cette chemise à jabots ? De ce legging qui va se détendre en deux semaines ? De cette paire d’escarpins trop beaux, mais dont la bride en plastoc va de toute évidence rejouer massacre à la tronçonneuse avec en guest star mon gros orteil ?

Un premier pas vers une mode plus responsable c’est moins de gaspillage, afin de remettre un peu de réalité dans nos armoires. Nos grand-parents (et même nos parents, il y a peu !) vivaient avec 2 paires de chaussures, 3 pantalons et 4 chemises.
En étaient-ils moins beaux ? Moins habillés ? Moins tenus bien au chaud ?

Nos vêtements sont fabriqués et jetés loin de nos yeux, mais ils vivent pourtant bien un avant et un après. Au delà de l’impact sur les Hommes, des tonnes de vêtements sont jetés chaque année, avec des conséquences dramatiques sur l’environnement.

Si les vêtements sont au delà de leur praticité un plaisir, une façon unique d’affirmer notre personnalité, est-ce que cela justifie que d’autres prennent des risques fous, et parfois en meurent ?

Nous ne sommes pas assez naïves pour croire que les marques de fast-fashion verront leur chiffre d’affaire décroître spectaculairement suite à notre propre décision de ne plus acheter de vêtements chez elles, ce qui les pousserait peut être à mener des actions concrètes pour améliorer leur production.

Néanmoins, il est en notre pouvoir de montrer aux marques qui font le choix d’une production raisonnée et respectueuse des travailleurs que celui-ci est le bon.

Qui sait, peut être, alors, les géants de l’industrie mettront enfin en application leurs nombreuses bonnes promesses et permettront à la mode de générer massivement un bilan positif ?